Bilan d'avril : le plus frais depuis 20 ans, la sécheresse s'installe

Un mois d'avril atypique. Voilà comment pourrait être résumé ce 4ème mois de l'année avec un ensoleillement largement excédentaire dans l'ouest et le nord, un temps souvent sec et surtout frais avec un épisode de gel exceptionnel en 1ère quinzaine. Explications.

Un épisode de gel exceptionnel a touché la plupart des régions en première quinzaine d'avril.
Un épisode de gel exceptionnel a touché la plupart des régions en première quinzaine d'avril.

Les printemps se suivent mais ne se ressemblent pas ! Alors que nous étions habitués ces dernières années à un temps largement plus doux que la normale dès la fin de l'hiver, la situation a été radicalement différente cette année avec des valeurs souvent situées en dessous des normales de saison et même un épisode de gel particulièrement dévastateur pour les cultures et la végétation en première partie de mois. Une chose ne change pas en revanche, ce sont les pluies ou plutôt le manque de précipitations avec des déficits marqués et localement record. Côté ensoleillement, il s'est avéré remarquable dans l'ouest avec des excédents de l'ordre de 50 %.

Les températures minimales les plus basses depuis 1973 !

Si ce mois d'avril avait pourtant débuté dans la douceur, c'est très rapidement la fraîcheur qui s'est imposée avec des matinées de gel localement fort entre le 6 et le 8 puis entre le 12 et le 18 avril. Des dizaines de records de froid mensuels ont ainsi été battus, parmi lesquels celui d'Orléans avec -5,4°C au petit matin du 6, battant un record datant d'avril 1938 ou encore celui de Beauvais avec -6,9°C lorsqu'il faisait près de 25°C six jours plus tôt (24,8°C le 31 mars), soit un écart de 31,7°C en moins d'une semaine ! Avec de telles valeurs, les gelées ont fait d'importants dégâts chez les viticulteurs, les arboriculteurs ou encore les agriculteurs dans 10 des 13 régions avec "plusieurs centaines de milliers d'hectares impactés" selon la FNSEA.

À l'échelle nationale, l'anomalie de température moyenne du mois est de -0,72°C par rapport à la normale calculée sur la période 1981-2010. Avril 2021 est ainsi le plus frais depuis 20 ans, se plaçant à la 35ème place des mois d'avril les plus froids des 100 dernières années. Si la fraîcheur a été remarquable, en particulier dans le contexte de réchauffement climatique que l'on connaît, on reste néanmoins bien loin d'avril 1986, le plus froid depuis le début des relevés avec une anomalie atteignant -2,93°C.

Toutefois, si on isole les températures minimales (celles du matin), il se hisse alors à la 6ème place du classement des mois d'avril les plus froids avec une anomalie de près de 2°C. Plus concrètement, c'est le plus froid depuis avril 1973 à l'échelle nationale. L'anomalie est même encore plus marquée localement, c'est le cas dans le département de l'Oise avec un déficit d'environ 3°C. La moyenne des minimales est ainsi la plus basse depuis 75 ans avec pas moins de 15 jours de gel comptabilisés, un record !

La Bretagne, l'une des régions les plus ensoleillées

Avec un cumul de près de 300 heures de soleil en avril, la ville la plus ensoleillée de France se situe en Charente-Maritime. La Rochelle voit son compteur s'envoler grâce à la présence des hautes pressions tout au long du mois avec à la clé, un excédent d'environ 50 %. Fait plus rare, le podium est complété par deux villes bretonnes : Saint-Cast-le-Guildo (Côtes-d'Armor) et Dinard (Ille-et-Vilaine), toutes les deux situées sur la côte d'Émeraude avec un total de près de 290 heures chacune, soit 70 % de plus qu'un mois d'avril normal. L'ensoleillement est revanche conforme à la normale dans le sud et le sud-est où les remontées nuageuses et parfois pluvieuses de Méditerranée ont souvent masqué le soleil.

Au 30 avril, la sécheresse est déjà là : 8 départements situés dans le centre-ouest, le Lyonnais et en Provence sont concernés par des restrictions d'eau...

Qui dit ensoleillement généreux, dit anticyclone et qui dit anticyclone, dit manque de pluie... Les précipitations se sont faites bien rares dans la plupart des régions avec l'installation d'une sécheresse de surface, en particulier depuis l'estuaire de la Loire au littoral charentais, en remontant vers la Touraine et jusqu'au sud de l'Île-de-France avec moins de 10 mm relevés.

Des records de faible pluviométrie ont ainsi été battus en région Centre-Val de Loire et notamment à Tours, Blois ou Orléans, dans le Marais poitevin mais aussi à Ouessant (Finistère) avec seulement 1,2 mm de pluie, soit un déficit de plus de 97 %. Ce mois d’avril devient ainsi le plus sec sur l’île tous mois confondus, détrônant l'ancien record de 6 mm datant de juillet 1999. Les valeurs sont en revanche proches des normales voire même ponctuellement excédentaires dans le sud-est, en particulier dans les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse.