Et si nos huit heures de sommeil ne suffisaient plus à garantir une bonne nuit réparatrice ?

Et si dormir huit heures d’affilée, conseil préconisé depuis des décennies, n’était plus suffisant pour bénéficier d’un bon sommeil réparateur ? C’est cette nouvelle donnée qui alerte les chercheurs.

Une chambre à bonne température et plongée dans la pénombre
Une chambre à bonne température et plongée dans la pénombre

Mauvais sommeil. Les chercheurs s’accordent sur un point précis qui dit que, pour que le sommeil soit parfaitement réparateur, il nous faut suivre un certain nombre de règles, nous permettant de bénéficier d’une nuit douce et complète. La température de la chambre doit être aux alentours de 19°C. La pièce doit être plongée dans le noir total. Il faut éviter les écrans dans la chambre et avant le coucher. Pas de dîner trop lourd. Entre sept et neuf heures de sommeil. Et une heure de coucher identique tous les soirs.

Les écrans détruisent le processus physiologique

Mais il semblerait que les scientifiques s’inquiètent du fait que cela puisse devenir insuffisant pour s’assurer d’un sommeil réparateur. Une tendance se dessine à l’horizon : notre phase de sommeil profond, la plus importante pour la récupération, se réduit. Et ce, malgré un sommeil de huit heures. Résultat : même si vous vous assurez de bénéficier des huit heures de sommeil généralement préconisées en vous couchant tôt, votre corps lui, bien qu’allongé, ne récupère pas aussi bien qu’il ne le devrait.

Le vrai sommeil réparateur est devenu de plus en plus compliqué à obtenir

Le chercheur Orfeu Buxton est spécialiste du sommeil. Il explique ce qu’il se passe au moment où vous allez vous coucher. « Vous pouvez mettre fin à votre journée, mais votre cerveau n'a pas reçu les signaux hormonaux et neuronaux lui indiquant qu'il peut se détendre : diminution du cortisol, activation du système parasympathique et passage complet de l'horloge circadienne en mode nuit ». En somme, malgré tous les efforts, le processus physiologique nécessaire pour se relaxer en soirée ne s’active pas.

Mais alors, que se passe-t-il exactement dans notre corps et pourquoi avons-nous tant de mal à nous relaxer ? La psychiatre Anna Lembke pointe du doigt les objets numériques. Nous les utilisons en effet toute la journée et, dès lors que nous éteignons les écrans, notre cerveau se trouve dans un état de manque. Résultat : si le cerveau ne se détend pas, le corps ne peut pas se détendre non plus. « Lorsque nous sommes pris dans le tourbillon numérique, nous nous trouvons dans un état de réactivité permanent », assure-t-elle.

Extinction des écrans pour aider le corps à se détendre
Extinction des écrans pour aider le corps à se détendre

Les objets numériques ne sont bien évidemment pas les seuls coupables de notre sommeil irrégulier. La chercheuse Kristen Knutson, elle aussi spécialiste du sommeil, évoque l’importance cruciale du bon timing. « Lorsque l'on parle de se sentir reposé, le moment où l'on se couche est tout aussi important que la durée de notre sommeil ». Cela pointe vers ce que les scientifiques appellent le jet-lag social, qui consiste à avoir un rythme pendant la semaine, et un autre (souvent plus tardif) le week-end.

Ce que les scientifiques continuent de conseiller, c’est de garder ce petit rituel qui “indique” à votre cerveau qu’il est temps d’aller dormir. Tamiser les lumières, éteindre les écrans, couper les notifications sont autant de petits gestes qui permettent à votre cortisol de baisser et à votre mélatonine, l’hormone du sommeil, d’augmenter.

Référence de l’article :

Dormir huit heures ne suffit plus : le nouveau mal du sommeil moderne