Ils reconstituent le visage de « Lazuer », une femme ayant vécu à l’âge du bronze il y a 4 000 ans à Ciudad Real

Les ossements d’une femme enterrée il y a 4 000 ans sur le site aujourd’hui connu sous le nom de Motilla del Azuer, à Daimiel, ont permis de reconstituer son visage et de mieux comprendre la vie des communautés de l’âge du bronze.

Reconstitution faciale préliminaire de la femme découverte sur le site archéologique de la Motilla del Azuer. MAIRIE DE DAIMIEL
Reconstitution faciale préliminaire de la femme découverte sur le site archéologique de la Motilla del Azuer. MAIRIE DE DAIMIEL

Il y a environ 4 000 ans, une femme a été enterrée en position fœtale à proximité de ce qui constitue aujourd’hui le site le plus représentatif de l’âge du bronze dans la région de La Manche (2200-1300 av. J.-C.) : la Motilla del Azuer, à Daimiel, dans la province de Ciudad Real.

Ses ossements, restés enfouis pendant des millénaires, ont aujourd’hui permis de réaliser ce qui semblait impossible : proposer une reconstitution de son visage et, grâce à celle-ci, obtenir une représentation beaucoup plus concrète des êtres humains qui vivaient dans cette région à cette époque.

Le projet, dirigé par les archéologues Miguel Torres et María Isabel Angulo, s’appuie sur les fragments du crâne et sur des techniques de reconstitution faciale afin de redonner une identité visuelle à l’une des habitantes de cet ancien établissement. Cette femme a été baptisée « Lazuer » et est devenue l’une des découvertes les plus singulières de l’archéologie de La Manche.

Qui était « Lazuer » ?

Les chercheurs estiment que Lazuer avait entre 30 et 37 ans au moment de sa mort. Son squelette, décrit comme assez complet, a été découvert en position fœtale à proximité d’un espace d’habitation, une pratique funéraire caractéristique de ces communautés. L’un des axes de recherche des archéologues consiste précisément à comprendre ce que signifiait le fait d’enterrer les défunts près des habitations et quels liens existaient entre la vie domestique et les pratiques funéraires.

Travaux archéologiques sur le site de la Motilla del Azuer. MAIRIE DE DAIMIEL.
Travaux archéologiques sur le site de la Motilla del Azuer. MAIRIE DE DAIMIEL.

Le nom que lui ont donné ceux qui l’ont découverte, Lazuer, associe celui de Laura Cabanes, une sportive renommée originaire de Daimiel, à celui de la rivière Azuer, près de laquelle se trouve le site archéologique. Les chercheurs ont ainsi souhaité établir un lien entre cette femme préhistorique, le territoire où elle a vécu et l’identité actuelle de Daimiel.

Mais connaître son visage ne constitue qu’une partie de l’histoire. Le véritable intérêt archéologique réside dans tout ce que ses ossements peuvent révéler sur les personnes qui vivaient dans cette région il y a quatre millénaires.

La Motilla del Azuer, une fenêtre sur l’âge du bronze

La Motilla del Azuer est l’un des principaux sites archéologiques de l’âge du bronze en Castille-La Manche. Son architecture singulière et son état de conservation exceptionnel ont permis d’étudier la manière dont s’organisaient les communautés qui occupaient ce territoire.

La Motilla del Azuer est le site archéologique le plus représentatif de l’âge du bronze dans la région de La Manche.
La Motilla del Azuer est le site archéologique le plus représentatif de l’âge du bronze dans la région de La Manche.

Les recherches actuelles portent aussi bien sur les zones d’habitat que sur les espaces funéraires. Cette coexistence entre habitations et sépultures offre aux archéologues la possibilité d’étudier conjointement la vie quotidienne et les pratiques funéraires de ces groupes humains.

Les fouilles ont mis au jour des vestiges de céramique et des outils en pierre associés aux activités de production. Chaque nouvelle découverte permet de mieux reconstituer un environnement dans lequel l’agriculture, l’élevage, la fabrication d’outils et la gestion des ressources jouaient un rôle fondamental. Et parmi tous ces vestiges, un squelette humain permet aujourd’hui d’ajouter un élément particulièrement saisissant : un visage.

Un visage vieux de 4 000 ans

La reconstitution faciale repose sur une réplique tridimensionnelle du crâne et sur l’étude anthropologique des ossements découverts. Ce travail ne consiste pas simplement à imaginer l’apparence qu’aurait pu avoir cette femme, mais à exploiter les caractéristiques anatomiques préservées afin d’établir une reconstitution scientifiquement fondée.

Vue générale du site archéologique de la Motilla del Azuer, à Daimiel, dans la province de Ciudad Real.
Vue générale du site archéologique de la Motilla del Azuer, à Daimiel, dans la province de Ciudad Real.

Le processus permet d’estimer certains traits du visage à partir de la structure osseuse. Les spécialistes y ajoutent ensuite d’autres éléments afin de produire une représentation permettant de visualiser la personne à laquelle appartenaient les vestiges archéologiques.

Le premier résultat de cette reconstitution a été présenté au public en octobre 2024, lors des VIIIes Journées d’histoire de Daimiel. Le projet avait alors permis de dévoiler une image réaliste de Lazuer et de faire découvrir au public l’un des individus mis au jour sur le site de la Motilla del Azuer.

Son apparence définitive sera révélée à l’automne

Aujourd’hui, en 2026, le projet est entré dans une nouvelle phase. La restauratrice Isabel Ángulo et une équipe d’anthropologues travaillent à la phase finale du projet. Après plusieurs mois d’analyse des ossements, l’objectif est de compléter le modèle par une caractérisation physique plus détaillée.

Le résultat définitif devrait être dévoilé lors des prochaines Journées d’histoire de Daimiel, qui se tiendront cet automne au Musée régional. C’est à cette occasion que devrait être présentée la version finale qui permettra de « donner un visage » à Lazuer.

L’évolution du projet montre également qu’une reconstitution faciale n’est pas un processus figé. À mesure que les chercheurs analysent de nouvelles données, ils peuvent affiner certains aspects et obtenir une représentation toujours plus rigoureuse. Ainsi, le visage de Lazuer reviendra au premier plan quatre mille ans plus tard.

Référence de l'article

Ayuntamiento de Daimiel. (2026). La Motilla del Azuer amplía la investigación sobre su hábitat y necrópolis en una nueva campaña de excavación arqueológica.