Chauves-souris : cette mesure permettrait de réduire de 80 % leur mortalité liée aux éoliennes
L'impact des parcs éoliens sur la faune volante est significatif. Une nouvelle étude française prouve qu'une méthode ciblée pourrait grandement limiter les collisions des chauves-souris avec les pales en rotation.

Des scientifiques du Muséum d'Histoire naturelle ont prouvé que l’arrêt temporaire des éoliennes pendant les pics d’activité des chauves-souris permettrait de réduire leur mortalité de plus de 80 %, et cela sans nuire à la productivité des sites éoliens.
Les éoliennes, un danger pour les chauves-souris
Comme l'explique Jeanne Bourdier, rédactrice scientifique au Muséum national d'Histoire naturelle, « les parcs éoliens ont un impact significatif sur la faune volante qui – au-delà de voir son habitat dégradé par ces infrastructures – entre parfois directement en collision avec les pales en rotation. »
Or les chauves-souris ont un rôle essentiel pour les écosystèmes, notamment dans la régulation des insectes, dont de certains ravageurs de cultures. Il est donc nécessaire, voire indispensable, de prendre en compte la protection des habitats et la biodiversité dans la mise en place des énergies renouvelables.
Une baisse de mortalité de plus de 80 % grâce au bridage
C'est grâce aux données de plus de 600 parcs éoliens que les chercheurs ont pu mesurer les effets du bridage, c'est-à-dire l'arrêt temporaire des éoliennes, adapté aux conditions d’activité des chauves-souris.

Les résultats, publiés le 20 octobre 2026 dans la revue Journal of Applied Ecology, montrent que le bridage basé sur les périodes d'activités des chauves-souris permet de réduire leur mortalité de plus de 80 %.
« Ces résultats concernent autant les chauves-souris à écholocalisation longue portée, qui volent plutôt dans les prairies dégagées ou au-dessus de la canopée, que celles à écholocalisation à portée intermédiaire, qui fréquentent plutôt les lisières forestières et les sous-bois », précise Andréas Ravache, chercheur au CESCO et co-auteur de l'étude.
Peut-on protéger les chauves-souris sans pénaliser la production d’électricité ?
Si l'efficacité de l'adaptation du bridage à l'activité des chauves-souris semble indéniable, on peut questionner l'impact de ce même bridage sur la production énergétique.

« Les chiroptères ne sont actifs que la nuit, et se déplacent tout particulièrement lorsqu'il y a peu de vent, répond Andréas Ravache. Le bridage des éoliennes dans ces conditions est donc non seulement très efficace pour préserver la faune volante, mais a également finalement peu d'impact sur la productivité, car ces périodes correspondent à une production énergétique faible. »
Selon une étude complémentaire, « une protection de 90 % de l’activité des chauves-souris pourrait correspondre à une perte de production annuelle de 3,5 à 4,9 %. » De plus, les arrêts des éoliennes pourraient être encore mieux ciblés grâce à des algorithmes capables de donner des renseignements sur la météo, la saison et l'habitat.
Référence de l'article
Jeanne Bourdier. (20/10/2026). Comment réduire la mortalité des chauves-souris dans les parcs éoliens ?.